L'hiver, cette saison où la peau craque

Mains gercées, lèvres fendues, talons crevassés. Chaque hiver, la même scène se rejoue. Pourquoi le froid abîme autant votre peau, et comment vraiment l'éviter.

Fenêtre givrée d'une maison de campagne en hiver

Chaque année, c'est la même chose. Dès que les premiers froids arrivent, vos mains commencent à tirer. Quelques semaines plus tard, elles sont rouges, sèches, parfois fissurées au bout des doigts. Vous appliquez crème sur crème sans vraiment voir de différence. Vos lèvres pèlent. Vos talons fendillent. Vos coudes deviennent rêches. Au printemps, tout revient à la normale. Et l'hiver suivant, le cycle recommence.

Ce n'est pas une fatalité. C'est juste qu'on s'y prend mal.

Ce qui se passe vraiment sur votre peau en hiver

Le froid extérieur n'est qu'une partie du problème. Le vrai coupable, c'est le chauffage à l'intérieur. Dès que vous mettez les radiateurs en route, le taux d'humidité de l'air chez vous tombe en dessous de 30%. Or votre peau a besoin d'au moins 50 à 60% d'humidité ambiante pour rester confortable.

À ça s'ajoute le contraste permanent. Vous sortez dans le froid sec. Vous rentrez au chaud. Vous ressortez. Vous rentrez. Chaque transition fragilise un peu plus le film hydrolipidique qui protège votre peau. Au bout de quelques semaines, ce film est cassé. C'est à ce moment-là que les gerçures apparaissent.

Et plus la peau est cassée, plus elle perd de l'eau. Et plus elle perd de l'eau, plus elle se craquelle. C'est un cercle vicieux qui s'auto-alimente tout l'hiver.

Pourquoi les crèmes classiques ne marchent pas

Le réflexe normal, c'est d'appliquer une crème hydratante. Le problème, c'est que la plupart des crèmes du commerce sont composées à 70 ou 80% d'eau. Sur une peau qui va bien, ça suffit. Sur une peau dont la barrière protectrice est déjà cassée, c'est presque contre-productif.

L'eau s'évapore en quelques minutes. Et au passage, elle emporte avec elle l'hydratation déjà présente dans la peau. C'est ce que les dermatologues appellent l'effet rebond. Vous avez l'impression d'hydrater. En réalité, vous asséchez encore plus.

Pour une peau abîmée par l'hiver, il faut autre chose. Il faut du gras. Du vrai. Celui qui forme une couche protectrice à la surface, qui retient l'humidité naturelle de la peau, et qui laisse le temps aux tissus de se réparer en dessous.

"L'hiver, votre peau n'a pas besoin d'eau. Elle a besoin d'un toit."

Les zones les plus touchées

Toutes les peaux ne réagissent pas pareil au froid. Certaines zones sont systématiquement plus exposées que d'autres. En voici les principales :

Les mains. C'est la zone la plus malmenée parce qu'elle cumule tout : froid extérieur, lavages répétés, contact avec l'eau, frottements vestimentaires. Les mains des soignants, des cuisiniers, des bricoleurs, des jardiniers et des jeunes parents prennent une claque en hiver.

Les lèvres. Très fines, elles sont les premières à pèler dès que le vent et le froid s'installent. Elles tirent, elles se fendent, et la mauvaise habitude de les humecter avec la salive aggrave encore les choses.

Les talons. Souvent négligés, ils craquent sous l'effet du chauffage et du frottement dans les chaussures fermées. Et chez les diabétiques, c'est encore plus rapide et plus profond.

Les coudes et les genoux. Zones d'appui, peau plus épaisse mais paradoxalement très sensible à la sécheresse. Elles foncent, deviennent rugueuses, parfois granuleuses.

Le nez. Surtout chez les enfants et les personnes enrhumées. Le mouchage répété détruit la peau autour des narines en quelques jours.

Bande de gaze et pansements naturels sur bois ancien
Le bon geste pour réparer une zone vraiment abîmée.
Le bon réflexe

N'attendez pas que votre peau soit déjà abîmée. Le bon moment pour commencer un soin riche, c'est dès les premiers tiraillements d'octobre ou novembre. À ce stade, un baume appliqué sur les zones sensibles suffit à éviter complètement les gerçures de l'hiver. Une fois la peau cassée, c'est plus long à rattraper.

Comment réparer une zone vraiment abîmée

Le baume ne s'utilise pas comme une crème quotidienne sur l'ensemble du corps. C'est un soin localisé, à appliquer précisément sur les zones qui ont déjà craqué. Mains gercées, lèvres fendues, talons crevassés, coudes rêches, bout du nez irrité par le rhume.

Le geste est simple. Sur la zone abîmée, propre et sèche, appliquez une couche généreuse de baume. Pas une fine pellicule comme avec une crème. Une vraie couche épaisse, qui va former un cataplasme protecteur sur la peau cassée.

Pour les zones très atteintes (talons profondément fendus, gerçures qui saignent, lèvres très fissurées), appliquez le baume en couche épaisse puis recouvrez d'un pansement. Le pansement maintient le baume en place, évite qu'il ne se transfère sur les draps ou les vêtements, et accélère considérablement la réparation. Changez le pansement une fois par jour en remettant une nouvelle couche de baume à chaque fois.

Pour les zones moins atteintes, pas besoin de pansement. Une application par jour suffit, au moment qui vous arrange. Le matin, le soir, après la douche, avant de sortir au froid. Vous écoutez votre peau et vous remettez du baume dès qu'elle en redemande.

En quelques jours seulement, les fissures les plus douloureuses se referment. En deux à trois semaines, la peau redevient lisse et résistante.

C'est exactement comme ça que nos grands-mères passaient l'hiver sans jamais avoir les mains qui saignent. Pas de protocole compliqué. Pas de routine en cinq étapes. Un seul petit pot, posé sur l'étagère de la salle de bain, qu'on appliquait dès qu'une zone craquait. Et la peau tenait tout l'hiver.

Baume d'Antan
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Le Baume d'Antan

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Écrit pour les peaux qui en ont assez de craquer chaque hiver.

L'Antan — Le Journal